Agriculteurs et l'agriculture

Grâce aux ressources naturelles de l’Î.-P.-É., deux frères produisent des œufs « écologiques »

Le vent est l’une des ressources les plus utiles à l’Île-du-Prince-Édouard. Douglas et Ian Simmons, producteurs d’œufs, ont profité de cette ressource naturelle propre en achetant une petite éolienne qui produit l’énergie nécessaire pour alimenter leur ferme ovocole, leur marché de cultures fraîches, leurs serres et leurs résidences où vivent leurs familles. 

Même avec les journées courtes de l’hiver, leurs entreprises et résidences sont pratiquement autosuffisantes en hydro, leurs achats étant d’un peu plus de 700 kilowatts d’énergie de la mi-décembre à la mi-janvier.  Les épargnes annuelles en coûts d’énergie oscillant autour de 25 $ par jour, l’éolienne est rentabilisée en sept ans environ. 

« C’est l’énergie la plus propre que l’on puisse produire », dit Ian en parlant de l’électricité que produit les éoliennes et expliquant que c’est la raison pour laquelle lui et son frère Douglas en ont acheté une. « Il y a beaucoup de vent à l’Î.-P.-É. et nous devrions utiliser nos ressources naturelles au meilleur de nos connaissances » a-t-il ajouté. 

Comme plusieurs agriculteurs de troisième génération aujourd’hui, Douglas et Ian demeurent sur leur parcelle de terre natale. Au fil des ans, cette terre a subi de nombreuses transformations. Leur père, maintenant décédé, était  polyculteur-éleveur et on retrouvait sur sa ferme des porcs, du bétail, des cultures variées et quelques poules. Douglas, le plus vieux des frères, a débuté son travail à la ferme à temps complet en 1994 alors que Ian a commencé à temps complet en 2005 après avoir occupé un poste de gérance dans un magasin auxiliaire. 

Bien qu’ils ne se livrent plus à l’élevage du porc ou du bétail aujourd’hui, l’entreprise de production d’œufs qui porte le nom de Red Bridge Farm et leurs autres entreprises exploitées sous le nom de Kool Breeze Farms les tiennent occupés toute l’année.  Alors que la production d’œufs contribue de façon importante au commerce familial, la Kool Breeze Farms puise sa force à même les 14 serres dirigées par les deux frères. Ces serres sont le résultat d’un passe-temps qui a commencé en 1986 avec une serre de 12 pieds sur 16 pieds exploitée par Ian. 

Les frères se partagent le travail selon leurs préférences et leurs compétences. Par exemple, Ian s’occupe de l’administration, des détails financiers et du marketing alors que Douglas s’occupe des tâches quotidiennes qui doivent être effectuées sur les fermes. « Nous discutons souvent. Pour certains, ce sont en fait des réunions » de dire Ian, en commentant le style commercial des deux frères. 

Leurs épouses sont aussi actives à la ferme, la femme de Douglas, Christine, travaillant au centre de jardinage alors que Tammy, l’épouse de Ian, s’occupe de la tenue de livres.  En tout, 18 personnes dont 12 qui ne sont pas de la famille veillent aux intérêts de la Red Bridge Farm et de la Kool Breeze Farms.

Pendant plus d’une décennie, la Red Bridge Farm a connu une expansion lente mais stable. Douglas a converti une porcherie en un poulailler si bien qu’en 1996, celui-ci pouvait recevoir 2 500 pondeuses. L’exploitation a grandi au fil des ans et compte maintenant 14 000 pondeuses. 

Selon Ian, le plus plaisant au sujet de la production d’œufs est de recevoir un nouveau troupeau à l’automne. « Elles vont bien » dit-il  en  parlant  des  poules « puis ensuite, on commence à voir les œufs ». Pour Ian, il n’y a rien de mieux que de casser les premiers œufs d’un troupeau. Ce sont les plus petits et, selon lui, ceux qui ont le meilleur goût, bien qu’il admette que peu de gens croient qu’il existe une différence de goût entre  les  pers calibres d’œufs. « Plusieurs vont penser que je suis un peu fou » ajoute-t-il en rigolant. 

Comme membres de la Fédération de l’agriculture de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Chambre de commerce Summerside, le concept d’affaires de la Kool Breeze Farms et de la Red Bridge Farms est de redonner régulièrement à la communauté. Chaque automne, les deux frères, membres de leurs familles et leurs employés organisent gratuitement le concours communautaire du meilleur épouvantail moyennant l’aide de fournisseurs locaux et du Club Lions local. Environ 3 000 personnes visitent la ferme durant l’événement annuel pour voir les épouvantails, l’équipement, franchir le labyrinthe de paille, visiter le kiosque d’information sur les œufs, assister aux spectacles, ramasser des recettes et des brochures sur l’agriculture, prendre part aux tournées en charrettes et assister aux courses pour enfants. 

Les gens veulent des activités qu’ils peuvent faire en famille sans que cela soit trop dispendieux, dit Ian. C’est exactement l’objectif du concours annuel des épouvantails. Les visiteurs peuvent participer au Prix du Peuple et voter  pour leur épouvantail  préféré  ou  voir  comment  les  juges  évaluent  le  costume  des « épouvantails » vivants.  

Récemment, les frères ont uni leurs efforts à ceux du Harbourfront Theatre pour produire une pièce de théâtre à la ferme. La campagne de levée de fonds pour le théâtre local mettait les participants au défi d’aider le personnage Harold à retrouver sa famille perdue dans les champs de maïs hantés. 

Peu importe ce qu’ils décident de faire, Douglas et Ian le font en étant respectueux de l’environnement. « Les gens veulent plus de produits écologiques », de préciser Ian.    

Pour l’avenir, dit Ian, le défi le plus important à relever repose possiblement au niveau des négociations de l’Organisation mondiale du commerce qui menacent d’ouvrir les marchés canadiens à encore plus d’importations en provenance des États-Unis. Les producteurs d’œufs du Canada sont sujets au programme de la gestion de l’offre qui leur permet de recouvrer le coût de production des œufs et de toucher un juste revenu sur leurs investissements et leur travail, tout en assurant aux consommateurs un approvisionnent stable d’œufs à prix raisonnable. Si nous perdons ce programme, les producteurs d’œufs devront demander l’aide du gouvernement comme le font les autres agriculteurs, une situation dans laquelle Ian ne veut pas se retrouver.